Souvent employé à la forme négative, "il n'a pas fait long feu" voudrait dire qu'il n'a pas réussi à durer, la plupart du temps synonyme d'échec. Ce qui est exactement le contraire du véritable sens de cette expression.
Comment en est-on arrivé là ? Sûrement qu'on s'imagine comme une bûche flambant à vitesse variable, et que faire long feu veut dire durer longtemps comme un combustible bravant vaillamment les flammes de la vie. L'origine se rapprochant alors du mythe de Méléagre. S'y ajoute aussi l'expression d'un succès par une négation, cela peut semer le trouble. On confond aussi avec "faire de vieux os".
Alors qu'en fait, l'expression provient du jargon des explosifs. À l'époque où l'on chargeait encore séparément la poudre et les munitions, "faire long feu" veut dire qu'au lieu d'exploser brièvement, la poudre a brûlé longuement et n'a pas réussi à tirer. Si vous avez déjà entendu un feu d'artifice faire long feu au sol, vous ne douterez plus que cela veut dire échouer, tellement le miaulement de la poudre ressemble à une plainte.
Encore une expression employée unanimement avec un sens erroné. On s'imagine un tas de marrons qui cuisent dans la braise et celui qui les tire du feu, ben c'est pour les manger, alors c'est un salopard d'égoïste, surtout que les autres finalement ne les tirent pas, voire ont eu leur part de mangée par l'autre (sic). Donc, le sens commun est d'être un profiteur, dans une situation où tout le monde perd sauf lui.
À croire que plus personne ne mange de marrons cuits au feu. En effet, le sens étymologique signifie se sacrifier pour les autres, puisque celui qui tire les marrons du feu va être le seul à se brûler les mains pour que tout le monde puisse manger. Ça doit avoir l'air évident maintenant que c'est dit.
Là par contre, tout le monde a l'air d'accord, tirer son épingle du jeu c'est la bonne expression là où on se trompait pour les marrons du feu. Et de le justifier par un très vieux jeu avec des épingles à faire sortir. Communément toutefois, celui qui tire son épingle du jeu est rusé alors que celui qui tire les marrons du feu est méprisable. Son habileté lui a permis de se sortir d'un mauvais pas en se retirant de la partie juste à temps, tellement que le sens ne porte plus tant sur l'abandon d'une situation périlleuse, que sur l'habileté à l'avoir fait.
Du haut de mon autorité académique, je prétends que le sens commun, s'il n'est pas faux, est restrictif. Selon moi, c'est simplement quitter une activité, sans que ça soit de justesse, pas comme un rat quittant le navire in extremis. Devenant un synonyme de tirer sa révérence. Et de même qu'une critique peut être positive...
Avec l'usage, la demeure désigne une habitation. Il y a péril en la demeure, la maison n'est pas sûre, voire un incendie s'y est déclaré. Il n'y a pas péril en la demeure, on peut y dormir tranquille, le toit ne va pas nous tomber sur la tête.
Alors que la demeure signifie l'absence de changement, à rapprocher de l'autre sens du verbe "demeurer". Le péril est ou n'est pas dans la continuation de la même politique, la même gestion, etc.
Un jour un petit malin a prétendu que c'était le son qui était plein. Et certains se sont perdus dans des recherches pour trouver l'origine de cette expression. En réalité cela vient d'une métaphore concernant la marée, qui monte, atteint son plein, puis redescend. Exactement comme une fête où au début tout le monde n'est pas encore arrivé, puis petit à petit les gens s'en vont.
Ce bon vieil adage nous promet que la nuit ne porte pas seulement conseil mais aussi satiété. Qu'en est-il de la faim qui tiraille tellement qu'on ne peut dormir ? Enfin, il est vrai que pendant le sommeil, les réserves de graisse sont mises à contribution pour fournir de l'énergie. C'est un peu comme le sport, ça peut couper l'appétit même si on n'a rien mangé avant d'en faire, ou au contraire ça peut l'aiguiser.
Quoi qu'il en soit, à l'origine, cette maxime n'était pas la devise de philosophes au ventre creux mais les termes d'un packaging gîte plus couvert dans les auberges du moyen-âge. Qui dort, qui paie une chambre, dîne, doit payer un repas. Il paraîtrait que c'était dû à un bénéfice sur le prix des chambres minimisé par un décrêt promulguant le tarif national, sans qu'il n'y ait une telle loi pour les repas.
J'ai beaucoup de peine à admettre que l'usage correct est "au temps", tellement j'ai utilisé longtemps "autant". On nous dit qu'il s'agit d'un terme militaire, si on vient à se tromper, à manquer un mouvement, on s'excuse et on revient "au temps". Moi je dis que ça le fait pas trop dans le cas d'une erreur de savoir, bref.
Mais pour "autant", on y rétorque "autant de quoi ?". Je ne sais pas trop. Si on voit le savoir comme un liquide contenu dans le verre de notre cerveau, on peut imaginer un transvasement, et "autant" indiquerait un niveau de liquide, oui je sais c'est un peu tiré par les cheveux. Mais pour "quand même", pourquoi "quand" aussi, hein ? En fait l'usage systématique de "au temps", parce que le débat semble clos, ça m'énerve presque autant que "avoir affaire" mis à toutes les sauces même quand "à faire" semble infiniment plus logique. Bref.
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| Crée: | 19:06 18/03/2009 | M'écrire |
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| Modifié: | 23:59 20/03/2009 |